Mes balades sont pensées pour que les enfants puissent s’apaiser au contact de la nature. Mais cette baladedont je vais vous parler, a été très particulière avec un enfant que j’accompagnais, elle n’a pas fonctionné. Cette balade l’a au contraire agité, ce qui a été difficile pour lui mais aussi pour moi en tant qu’accompagnante et je vais vous expliquer ce qu’il s’est passé en amont et pourquoi on en est arrivé là. 

Je l’ai accompagné sur un cycle de quatre séances, les trois premières balades se sont bien passées et la dernière, celle dont je vais parler, a été difficile à mettre en place. 

J’ai senti que l’enfant n’était pas attiré par mes propositions, ce sont des choses qui peuvent arriver mais là, en l’occurrence c’était flagrant. Des situations de retour au calme que j’avais pu imaginer ne fonctionnaient absolument pas, j’ai donc été désarçonnée par rapport à ça. 

C’est en avançant un petit peu, au bout de 20 minutes, que l’enfant m’a dit qu’il avait faim, il était 14h30 et la balade durait 1h30. Rapidement j’ai compris que cet enfant n’avait pas mangé à midi, heureusement dans mon sac à dos j’avais prévu quelque chose pour répondre à cela. 

J’avais vraiment envie de m’arrêter là-dessus pour vous dire quelque chose qui me paraît évident mais qu’on peut oublier, si les besoins physiologiques de l’enfant ne sont pas respectés, il est impossible de l’accompagner sur la voie de l’apaisement. Ce qu’il s’est passé pendant cette balade va un peu plus loin, c’est-à-dire que le ventre vide, l’enfant était en danger et ce qui était en jeu c’était sa sécurité physique également. Même si l’exemple est un petit peu fort ici, il est réel car je l’ai vécu, il est important en tant qu’adulte de vérifier que ces besoins de base sont comblés avant d’envisager une balade apaisante. Il est important de les vérifier avant mais aussi pendant la balade, c’est-à-dire observer corporellement si l’enfant a froid, est-ce que le rythme devient de plus en plus lent ? A ce moment-là, lui demander s’il a froid ou faim, sans être pour autant omniprésent mais quand même pouvoir être là, présent pour vérifier que ses besoins sont comblés. En adoptant cette attitude là à travers des questions et une attention, vous lui permettez aussi de répondre à un deuxième besoin qui est le besoin de sécurité. C’est une sécurité affective notamment, en lui posant ces questions vous lui montrez qu’il peut vous faire confiance et qu’il est en sécurité. 

Pour qu’une balade dans la nature se passe bien, il est important que l’enfant se sente en sécurité affective mais aussi physique et vous en êtes le garant. Ce que je suis en train de dire, pour vous en tant qu’accompagnateur, cela est difficile lorsqu’on a un emploi du temps très chargé, de faire passer les besoins de l’enfant avant les nôtres. Pourtant, c’est important que vous puissiez aussi vérifier que vos besoins vitaux soient comblés. Avez-vous bien mangé ? Dormi ? Cela est important car ça va garantir la qualité et la sécurité de la balade. 

Pour résumer tout ça, je m’appuie sur la pyramide des besoins qui s’appelle la pyramide de Maslow (cf image). Maslow est un psychologue qui a élaboré cette pyramide, qui est en fait une hiérarchisation des besoins. Ce qu’il nous dit avec cette pyramide, c’est qu’en tout premier, il y a des besoins vitaux : manger, boire, dormir. Une fois que ces besoins sont vérifiés, il y a le besoin de sécurité affective et physique. Ce sont ces deux besoins-là qui sont primordiaux avant d’organiser une balade. En faisant cette balade vous pouvez permettre à l’enfant de satisfaire ses besoins d’appartenance, d’estime de soi et d’accomplissement. Donc si au départ, vous vous assurez des besoins physiologiques et sécuritaires et que vous accompagnez l’enfant dans la nature derrière, alors vous lui permettez de gravir ces échelons de pyramide et vous lui permettez de prendre confiance en lui. Vous l’aider à développer son autonomie, son envie d’interagir avec les autres et à prendre des décisions. 

Cela peut être bien de temps en temps de regarder cette pyramide et de se demander où on en est par rapport à la balade que l’on a envie de mettre en place, se demander si l’enfant a bien dormi ou a bien mangé. Si l’enfant a mal dormi peut-être se dire que de faire une balade est une mauvaise idée aujourd’hui. D’un point de vue sécuritaire c’est s’assurer de pouvoir pallier le manque c’est-à-dire prendre de l’eau un petit gâteau, un pull… 

Naturellement, 

Manon Luneau 

Créatrice des Balades de l’Émerveillement® pour se détendre tout en s’amusant 

Rejoignez-nous sur le groupe Facebook Solution nature pour enfants stressés

Et 

Instagram